Hippies
(photo: Ari Abihssira)
Les cheveux tellement longs qu’on pourrait marcher dessus, des vêtements si colorés qu’on sait plus si on a avalé ce buvard ou pas, les hippies ont un style qui laisse différent. Enfin, pas indifférent, quoi. Perso, je les déteste. J’ai envie de leur casser les doigts, de leur arracher leurs gros colliers moches, de leur changer du punk à deux centimètres de l’oreille pendant qu’ils sont en train de dormir. En fait, j’en ai tellement envie que je l’ai fait. Résultat, j’ai pu démonter pas mal de mythes à propos du soi-disant pacifisme de ces hypocrites au pubis touffu. Sans déconner, à peine j’avais écrasé trois doigts d’une meuf habillée en princesse fauchée, que deux grands chevelus se sont jetés sur moi et m’ont éclaté la tête à coup de Sitar indien. Gandhi serait pas fier. Pas chaud pour me laisser faire, même sonné, j’essaie de me rétablir sur mes appuis, et je fous un grand coup de genou dans la gueule de la meuf qu’avait même pas jugé utile de s’enfuir. Bon, erreur stratégique peut-être. Avec le recul je pense que j’aurais dû m’occuper de ceux qui pouvaient me faire du mal. Ils m’en ont fait, les cons. A croire qu’ils avaient jamais écouté John Lennon. L’un d’eux m’a chopé par derrière et m’a bloqué les bras, puis l’autre m’a flanqué une bonne série de coups de narguilé dans le bide et dans les côtes. Ah ben il les a toutes pétées, j’ai passé des semaines à l’hosto. Sur le moment, j’essaie de m’en tirer en citant des paroles de chansons pour hippies de merde, mais je pense qu’ils ont capté que j’étais pas un vrai fan parce qu’ils m’ont cramé la langue avec un bâton d’encens. Je vous jure que depuis, dès que je sens une odeur de Santal, j’ai envie de donner des coups de latte au hasard. Bon, heureusement mes potes ont fini par débarquer avec leurs lames et on a envoyé ces sauvages illuminés rejoindre le Grand Tout, mais avec tout ça j’ai fini par avoir des préjugés contre ces cons de hippies. C’est dommage.