L'écriture automatique, et vlan

Improvisation sur papier

Truand de la galère

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Viens que je t’éclate la tête, bonhomme, ta virilité n’a d’égale que celle de Bob l’éponge. Ça tombe bien tu va pouvoir faire l’étoile de mer. Tu vois ce clodo ? Pour un bifton il te fera subir tous les outrages. Magistrale opération pour un petit gangster à tête de con. Mieux que les coups de feu, tu connais les coups de froid. Peut-être à cause de tous ces vents, je sais pas. Mais t’as raison. Sans déconner, sérieux, la vie de ma mère, il vaut mieux vendre des t-shirts que de planter du plomb dans la tête des bourgeois. Sauf peut-être si les sappes sont fabriquées par de pauvres petits chinois. T’as pensé à ça ? Il paraît que dans le monde, plus d’un enfant sur deux fabrique des fringues pour le monde du rap. Je sais pas si c’est vrai, mais y’a pas de fumée sans feu, donc vous êtes des enculés.

Written by Adrien Saurat

mai 24th, 2010 at 3:57

Attrape-rêves

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En plein vol, ce mauvais rêve qui rôdait, cherchant un pauvre dormeur à effrayer, vient de se perdre dans les filets de mon attrape-rêves, qui saura le digérer, en faire un jus de jolies pensées inoffensives. Cruelle destinée pour un cauchemar qui ne demandait qu’à pimenter une nuit trop calme ? Je ne sais pas, ces rêves inquiétants ont-ils une utilité je ne saurais le dire. Toujours est-il qu’ils sont responsables d’un grand nombre de pipis au lit de par le monde, et rien que pour ça on devrait fournir gratuitement des attrape-rêves à toutes les familles. Des attrape-rêves répondant aux normes de qualité ISONIRIC 3000 ou 3001, quelque chose comme ça. Plus un label BIO et une certification Feng Shui avec ça, on serait certains que tout est ok. Avec tous ces pipis au lit en moins, nos enfants auront une plus grande confiance en eux et les leaders de demain seront tous des héros.

Written by Adrien Saurat

avril 28th, 2010 at 10:00

Rêve lucide

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Les yeux se ferment et le cerveau se met en branle. Nul véritable repos pour la boîte à mystères que l’on trimballe en permanence sur nos épaules. Le voile se lève sur des mondes inconnus souvent étranges aux couleurs indescriptibles, aux odeurs inexistantes. L’espace étoilé contemple notre voyage. Bien heureux celui qui reste conscient de ce qu’il est, qui sait choisir où son prochain pas en rêve le mènera. Il crée sans effort, une vie insensée et infinie jaillit de ses mains de Mage des Songes. Ce royaume dont il est roi parmi d’autres, ce royaume lui offre ce qu’il a de meilleur, se pliant en quatre, en douze, pour assouvir et dépasser ses désirs. Le rêveur conscient, lucide, est un ambassadeur de la vie éveillée, il porte la parole du temps linéaire et fait couler, malheureusement peut-être, un peu de ce poison amer dans l’Empire du Temps éclaté.

Written by Adrien Saurat

avril 26th, 2010 at 9:01

Anarchie au lycée

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Les élèves se tapent sur la gueule pour un oui ou pour un non. Pour un non, surtout, car la plupart des oui sont des aveux de faiblesse peu rentables. Les surveillants font office de gardiens de prison. Ils tentent d’imposer une certaine discipline et n’y arrivent qu’en frappant plus fort que les fortes têtes, les petits caïds qui se croient tout permis. Il n’y a plus vraiment de risque juridique à ce niveau là, pour se retrouver inquiété il faudrait carrément tuer un élève. Et encore, peut-être plutôt deux. Ou une fille et demi. Le demi ce serait pour un handicap à vie. De toutes façons le fautif se ferait certainement descendre avant de paraître une seule fois au tribunal. C’est pour ça qu’assommer reste la méthode pédagogique la plus populaire. Même s’il y a parfois quelques séquelles, elles restent difficile à déceler tant les élèves  qui en sont victimes présentent de base les symptômes d’un crétinisme de compétition. La situation s’est tout de même un peu calmée depuis les détecteurs de métaux disséminés un peu partout dans l’établissement. Bien sûr, certains malins arrivent à les déjouer, mais globalement on assiste à une diminution du nombre de fusillades et de coups de couteaux dans le dos. Ces derniers auront vite été remplacés par des coups de crayon dans l’oreille, quand on veut on peut, il y a toujours une solution pour contourner le système. Mais les stats s’améliorent. Le turn-over a un peu diminué d’ailleurs. Alors qu’avant une moyenne de deux profs par mois se retrouvaient dans l’incapacité d’enseigner pour cause de dépression ou de blessures, rarement de mort, aujourd’hui on est passé à environ 1,5. Le proviseur par contre, c’est important, n’est que très rarement remplacé. Il représente l’autorité ultime, et doit être vu comme immuable. Son bureau a d’ailleurs été renforcé et répond aux normes de sécurité établies par l’armée pour ses bunkers.

Written by Adrien Saurat

avril 21st, 2010 at 4:59

Est-ce un rêve ?

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(photo: Ari Abihssira)

Suis-je éveillé ? Ou peut-être est-ce un rêve ? Un de plus, seulement un de plus. Combien de rêves ai-je fait depuis ma naissance ? Bien plus que je puisse m’en souvenir… Alors pourquoi pas maintenant ? Pourquoi ne serais-je pas en train de rêver ? Après tout, lorsque l’on rêve, on croit dur comme fer à tout ce qui se passe. Rien de plus ni de moins que ce que je ressens maintenant. J’ai cette étrange sensation qui me fait dire que non, il serait ridicule d’imaginer que je rêve, car le simple fait de me poser cette question sous-tend que je suis éveillé, que je peux traiter tant d’informations, combler tant de sens, que ce serait folie d’imaginer que je vais me réveiller, quitter cet état de vigilance si élevé, si perfectionné. Et pourtant, lors de mon dernier rêve, j’avais les mêmes certitudes. Est-ce un rêve ? Suis-je en train de rêver ? Suis-je en train de rêver ? Est-ce un rêve ?

Written by Adrien Saurat

avril 19th, 2010 at 2:45

Vénère

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(photo: Ari Abihssira)

L’oeil au beurre noir que tu te trimbales était bien mérité si tu veux mon avis, et si tu le veux pas je dirais que ça change pas grand chose. Les vénères du quartier hésitent pas longtemps avant de cogner je t’avais prévenu. T’as voulu en faire qu’à ton coup de tête, jouer les caïds, te voilà redescendu sur terre avec un tout petit peu moins de sang qu’avant mais les idées en place. La prochaine fois que tu veux faire ton Cyrano essaie de prendre au moins un casque de moto histoire de protéger ton nez. Regarde moi ça, c’est plus un cap ni une péninsule c’est un fjord à la con brisé en deux que t’as l’air de t’être fait rouler dessus par un bulldozer. T’inquiète pas, ces gars-là te laisseront tranquille maintenant.

Enfin, tant que tu croises pas leur chemin.

Ouais, je veux dire que si tu déménage t’es peinard quoi. Ah, en banlieue je sais pas. Quoi? Non, cette bourgade non plus, c’est accessible en bus. De toutes façons, quitte à bouger, autant le faire comme il faut. Changer de département, quoi. Ou de région. Ouais, de région c’est mieux. Non, changer de pays c’est exagéré, arrête de dire des conneries. Une autre région c’est bien. A l’autre bout de la France, quoi. C’est pas mal, ça, l’autre bout de la France. En plus là-bas les gens ils te connaissent pas ils pourront penser que t’as toujours eu un nez façon Picasso. C’est parfait ! Quand ça, quand ça… Ben écoute je sais pas, moi. Ça dépend si t’as mal au nez ou pas. Oui ? Alors bouge toi le cul, parce que s’ils en remettent une deuxième couche maintenant tu va vraiment en chier. Non, j’ai pas de thune à te prêter. Ouais, je sais que la semaine dernière on a gagné au casino ensemble.  Je dis pas que j’ai pas de thune, je dis juste que je prête pas aux étrangers. Surtout aux connards de l’autre bout de la France. Casse toi connard ou j’appelle les vénères du quartier !

Written by Adrien Saurat

avril 17th, 2010 at 9:15

Métro

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(photo: Ari Abihssira)

Les couloirs de métro succèdent aux tunnels destinés aux employés et aux voies sur lesquelles roulent les voitures à passagers. Roulaient, plutôt, car désormais tout le réseau souterrain semble prendre la pose pour une photo qui ne sera jamais prise. Les publicités, maintes fois taguées, à moitié dévorées par l’humidité, datent d’une époque révolue et qui semble à présent bien futile. Les quelques bouteilles et cannettes trainant par terre ont été bues depuis bien longtemps, et les distributeurs automatiques ont tous été éventrés sans la moindre exception.

L’obscurité est totale dans toutes les sections véritablement souterraines du réseau, et sans lampe on ne peut qu’être certain de se briser quelque membre après une chute inévitable. Les rats et les chats s’accommodent mieux de cette nuit éternelle. Par leurs bruits organiques et imprévisibles ils ajoutent à l’angoisse suintant de chacun de ces murs. L’orientation est affaire d’exercice, d’essais et d’erreurs, de mémorisation, de marquages au sol, aux murs. Une petite lampe, une torche enflammée, suffisent à progresser dans ces méandres sans être paralysé par l’obscurité, mais on n’y voit jamais bien loin, et il faut alors compenser ce que l’on ne distingue pas par ce que l’on connaît par habitude.

L’habitude est la plus grande des aides dans ce monde presque mort. C’est elle qui permet de presser le pas lorsque l’on entend quelque potentiel pillard approcher. C’est elle qui permet de débusquer la bestiole dont on fera son maigre dîner. Mais c’est aussi une traîtresse, car c’est par elle qu’on laisse notre vigilance s’endormir. C’est par elle qu’on s’autorise à dormir en tel lieu qu’on juge sûr désormais. C’est par elle qu’on finit par ne plus se réveiller.

Written by Adrien Saurat

avril 14th, 2010 at 5:05

Homme

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(photo: Ari Abihssira)

Beauté d’une humanité apeurée, apprenant à marcher. Pleine d’une énergie sans limites, d’une envie féroce d’exister, envers et contre elle-même. Dévorant ses propres chairs pour aller plus avant dans des directions insensées. Tester tout, goûter à chaque chose, chaque pensée. Ruminer le passé et le cracher sur l’avenir. Reculer d’un pas pour ensuite avancer d’un bond les yeux fermés. Une foule de croyants, du paysan bouddhiste à l’universitaire athée, des myriades de petits tas de chair en quête de plaisirs, de nourriture et de descendance. Et ce tout, cette somme, si imprévisible, si dangereuse, si merveilleuse. Je suis amoureux de la plus belle des femmes. Elle n’a pas la taille mannequin mais bientôt quatorze milliards de jambes.

Written by Adrien Saurat

avril 12th, 2010 at 10:23

Révolution

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Ils se barricadent puis jettent tout ce qui leur passe sous la main vers les forces de l’ordre qui avancent, avancent… Pour l’instant, les révoltés tiennent bon, reculent un peu de temps en temps mais ne se laissent pas déborder. S’esquivent juste quand il faut et résistent lorsque c’est nécessaire. Un bon réseau d’informateurs et de messagers a été mis en place pour anticiper les mouvements de l’Autorité. Jusqu’à présent, la communication passe bien et aucun revers notable n’est à déplorer. Pourtant, depuis quelques minutes des rapports inquiétants affluent. Des fourgons sont arrivés en renfort, ici, là, encore là. La situation se complique. Peut-être est-il temps de se fondre dans l’obscurité, de laisser la rue à ceux qui se sont donné pour vocation de la « pacifier ». S’éclipser pour mieux revenir demain. Peut-être. Ou peut-être est-ce aujourd’hui qu’il faut faire front jusqu’au dernier. Exprimer dans la sueur et le sang ce qui bout en nos veines et ronge nos entrailles.

Written by Adrien Saurat

avril 10th, 2010 at 11:27

Hippies

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(photo: Ari Abihssira)

Les cheveux tellement longs qu’on pourrait marcher dessus, des vêtements si colorés qu’on sait plus si on a avalé ce buvard ou pas, les hippies ont un style qui laisse différent. Enfin, pas indifférent, quoi. Perso, je les déteste. J’ai envie de leur casser les doigts, de leur arracher leurs gros colliers moches, de leur changer du punk à deux centimètres de l’oreille pendant qu’ils sont en train de dormir. En fait, j’en ai tellement envie que je l’ai fait. Résultat, j’ai pu démonter pas mal de mythes à propos du soi-disant pacifisme de ces hypocrites au pubis touffu. Sans déconner, à peine j’avais écrasé trois doigts d’une meuf habillée en princesse fauchée, que deux grands chevelus se sont jetés sur moi et m’ont éclaté la tête à coup de Sitar indien. Gandhi serait pas fier. Pas chaud pour me laisser faire, même sonné, j’essaie de me rétablir sur mes appuis, et je fous un grand coup de genou dans la gueule de la meuf qu’avait même pas jugé utile de s’enfuir. Bon, erreur stratégique peut-être. Avec le recul je pense que j’aurais dû m’occuper de ceux qui pouvaient me faire du mal. Ils m’en ont fait, les cons. A croire qu’ils avaient jamais écouté John Lennon. L’un d’eux m’a chopé par derrière et m’a bloqué les bras, puis l’autre m’a flanqué une bonne série de coups de narguilé dans le bide et dans les côtes. Ah ben il les a toutes pétées, j’ai passé des semaines à l’hosto. Sur le moment, j’essaie de m’en tirer en citant des paroles de chansons pour hippies de merde, mais je pense qu’ils ont capté que j’étais pas un vrai fan parce qu’ils m’ont cramé la langue avec un bâton d’encens. Je vous jure que depuis, dès que je sens une odeur de Santal, j’ai envie de donner des coups de latte au hasard. Bon, heureusement mes potes ont fini par débarquer avec leurs lames et on a envoyé ces sauvages illuminés rejoindre le Grand Tout, mais avec tout ça j’ai fini par avoir des préjugés contre ces cons de hippies. C’est dommage.

Written by Adrien Saurat

avril 8th, 2010 at 12:09